

Poèmes et Paroles
Poèmes

Poèmes transformés en paroles

Paroles de chansons




Les trois Grâces
Les trois Grâces ainsi que les 9 Muses étaient les patronnes des artistes.
Les Trois Grâces connues comme étant les Charites dans la mythologie grecque, déesses du charme, de la beauté et de la créativité.
Elles porteraient les noms de Thalie (la verdoyante), Euphrosyne (la joie de l’âme), et Aglaé (la brillante). Selon la croyance, elles seraient les compagnes d'Aphrodite et dispenseraient aux êtres humains de bonnes mœurs comme : l’égalité d’humeur, la bonne grâce (d’où leur nom), l’éloquence, la sagesse, et la reconnaissance. Le plus souvent, on les représentait jeunes et nues (ou avec de légères étoffes).

Les auto-compositeurs contemporains - Les poètes de la chanson

Quand on n'a que l'amour
À offrir en prière
Pour les maux de la terre
En simple troubadour
Quand on n'a que l'amour
À offrir aux grands hommes
Que rien ne nous pardonne
Devant la cour
Quand on n'a que l'amour
Pour chanter le miracle
De l'amour qui se donne
Pour peu qu'on l'aime à son tour
Quand on n'a que l'amour
Pour tracer un chemin
Et forcer le destin
À chaque carrefour
Jacques Brel "Quand on que l'amour"
C’est pas la première fois
que je pleure en pensant à toi
et quand je pense à toi
j’ai le coeur au mauvais endroit
moi je fais pas confiance au premier venu
je t’ai donné ta chance mais t’as disparu
je cherche encore des excuses
pour te comprendre
pour que la mort ne soit pas
la grande gagnante
j’ai fait le tour de la question
au moins cent fois, voire des millions
c’est pas la première fois
Pomme "Des Excuses"
Une robe de cuir comme un fuseau
Qu'aurait du chien sans l'faire exprès
Et dedans comme un matelot
Une fille qui tangue un air anglais
C'est extra
Un moody blues qui chante la nuit
Comme un satin de blanc d'marié
Et dans le port de cette nuit
Une fille qui tangue et vient mouiller
C'est extra
C'est extra
C'est extra
C'est extra
Des cheveux qui tombent comme le soir
Et d'la musique en bas des reins
Ce jazz qui d'jazze dans le noir
Et ce mal qui nous fait du bien
C'est extra
Ces mains qui jouent de l'arc-en-ciel
Sur la guitare de la vie
Et puis ces cris qui montent au ciel
Comme une cigarette qui brille
Léo Ferré "C'est extra"
J'suis l'poinçonneur des Lilas
Le gars qu'on croise et qu'on n'regarde pas
Y a pas d'soleil sous la terre
Drôle de croisière
Pour tuer l'ennui, j'ai dans ma veste
Les extraits du Reader-Digest
Et dans c'bouquin, y a écrit
Que des gars s'la coulent douce à Miami
Pendant c'temps que je fais l'zouave
Au fond d'la cave
Paraît qu'y a pas d'sot métier
Moi j'fais des trous dans des billets
J'fais des trous, des petits trous, encore des petits trous
Des petits trous, des petits trous, toujours des petits trous
Des trous d'seconde classe
Des trous d'première classe
Serge Gainsbourg "Le Poinçonneur des Lilas"
La Poésie
Selon moi, la poésie est une manière de s’exprimer qui a longtemps occupé une place centrale dans la société, notamment jusqu’au début du XXe siècle, et plus encore jusqu’à la Renaissance, époque où elle était souvent liée à la musique et au chant. Elle n’était pas seulement un moyen d’expression personnelle : elle permettait aussi de marquer une distinction sociale, culturelle et intellectuelle. Maîtriser la poésie, ses formes et ses codes, c’était appartenir à un certain monde, à une élite capable de manier le langage avec raffinement.
Aujourd’hui, la poésie s’est libérée d’une grande partie de ces contraintes. Avec les vers libres et les formes modernes, elle semble plus accessible, plus intime et plus proche de chacun. Elle devient moins un signe de distinction qu’un moyen d’exprimer l’âme, les émotions et les ressentis profonds, parfois difficiles à formuler autrement. Ainsi, la poésie peut être comprise comme une parole intérieure qui donne une forme sensible à ce que l’on ne parvient pas toujours à dire dans le langage ordinaire.
Le vocable « poésie » provient du grec « poiein » qui signifie «fabriquer, faire, créer ».
Par, conséquent la poésie est une invention, une création. Son rôle est d’évoquer la réalité de façon créatrice, d’interpréter le réel ou de faire naître un univers qui lui est propre, à travers le langage. Elle dispose pour cela de formes spécifiques qui l’éloignent, ou parfois la rapprochent de la prose. La poésie se donne la double vocation de transcrire et de créer.
C’est grâce au langage que s’opère cette transmutation. Elle s’apparente comme le disait Du Bellay a une « alchimie » allant selon Rimbaud jusqu'à inventer son propre langage.
Cependant, il faut noter que la poésie, comme toute création, ne peut pas se contenir dans une seule définition. Chaque poète ou chaque groupe de poètes tente de donner sa propre définition de la poésie, car, même si elle est partout présente, la poésie n’a ni le même objet, ni la même finalité, ni la même forme.
Poésie et Paroles
De la poésie à la chanson : deux arts proches mais différents
Dans l’Antiquité grecque, la poésie était avant tout une pratique orale, liée à la voix, au rythme et très souvent à la musique. Elle n’était pas d’abord conçue comme un texte silencieux destiné à la lecture, mais comme une parole prononcée, chantée ou déclamée devant un public. Les aèdes, puis les rhapsodes, transmettaient ainsi les récits épiques, comme ceux attribués à Homère, en s’accompagnant parfois d’un instrument à cordes, telle la lyre, la phorminx ou la cithare.
Il faut toutefois distinguer plusieurs formes. La poésie épique était surtout récitée ou chantée par des poètes-conteurs ; la poésie lyrique, dont le nom rappelle la lyre, associait plus directement le chant, l’instrument et l’expression personnelle ou collective. Dans certaines formes chorales, notamment lors des fêtes religieuses ou civiques, le poème pouvait être accompagné de danse, de gestes réglés et d’une mise en scène collective. Le théâtre grec, issu en partie de ces pratiques rituelles, développera ensuite le rôle du chœur, des masques, du chant et de la danse dans la tragédie et la comédie.
Nous connaissons surtout Homère, associé à l’Iliade et à l’Odyssée, mais il ne faut pas oublier Sapho, poétesse grecque de Lesbos, souvent considérée comme l’une des plus grandes voix de la poésie lyrique antique. Elle n’est pas nécessairement la plus ancienne poétesse connue, mais elle occupe une place majeure parce qu’elle montre que la poésie antique ne se limitait pas au récit héroïque : elle pouvait aussi exprimer l’amour, le désir, la prière, la douleur ou l’intimité. Il serait donc plus juste de dire que, dans l’Antiquité, poésie, musique, chant, mémoire et parfois danse formaient un ensemble étroitement lié, avant de devenir progressivement des arts plus distincts.
Quand poésie et chanson se rencontrent
Si la poésie et la chanson ont longtemps été étroitement liées, elles ne se confondent plus totalement aujourd’hui. Un poème peut bien sûr inspirer une chanson, mais il ne peut pas toujours être utilisé tel quel comme paroles. La poésie existe d’abord par la liberté du langage, par ses images, son rythme intérieur, ses silences, ses ruptures et parfois même par sa difficulté. Elle peut se permettre de rester ouverte, ambiguë, dense ou fragmentée.
La chanson, elle, obéit à d’autres contraintes. Elle doit s’inscrire dans une mélodie, respecter une durée, épouser un rythme musical, laisser une place aux respirations, aux répétitions, aux refrains et à la mémorisation. Les paroles doivent aussi tenir compte de la voix qui les porte, de l’accentuation des mots, de leur compréhension immédiate par l’auditeur et de l’émotion créée par la musique. Ce qui fonctionne parfaitement sur la page ne fonctionne donc pas toujours une fois chanté.
Cela ne signifie pas que la chanson serait moins poétique. Au contraire, certaines chansons atteignent une grande force poétique. Mais elles y parviennent autrement : par l’alliance du texte, de la voix, de la mélodie, du rythme et parfois de l’arrangement musical. Là où le poème peut se suffire à lui-même, la chanson naît d’un équilibre entre plusieurs éléments. C’est pourquoi transformer un poème en chanson demande souvent un véritable travail d’adaptation.
Pour concrétiser cette différence entre poésie et chanson, quelques exemples suffisent. Certains textes sont d’abord nés comme poèmes avant d’être mis en musique. C’est le cas du Pont Mirabeau de Guillaume Apollinaire, de plusieurs poèmes de Louis Aragon chantés notamment par Jean Ferrat, Léo Ferré ou Georges Brassens, ou encore de textes de Jacques Prévert associés aux musiques de Joseph Kosma. Dans ces situations, la musique ne remplace pas le poème : elle lui donne une autre respiration, une autre mémoire et parfois une autre émotion.
À l’inverse, certaines chansons n’ont jamais existé comme poèmes séparés, mais possèdent pourtant une véritable force poétique. Chez Jacques Brel, Georges Brassens, Barbara, Claude Nougaro ou Serge Gainsbourg, les paroles sont pensées dès le départ pour être chantées. Elles doivent suivre une voix, un rythme, une durée, parfois un refrain, mais elles peuvent pourtant atteindre une grande densité d’images, de sons et d’émotion.
Ces exemples montrent qu’il ne faut pas confondre les deux démarches. Une poésie peut devenir chanson, mais elle demande souvent à être adaptée. Une chanson, elle, peut être profondément poétique sans être d’abord un poème. Les grands auteurs-compositeurs — Brassens, Brel, Ferré, Barbara, Charles Trenet, Charles Aznavour, Serge Gainsbourg, Claude Nougaro, Jean Ferrat ou Boris Vian — ont précisément travaillé dans cet espace intermédiaire, entre exigence littéraire et exigence musicale.
Nous pourrions citer d'autres poètes et chansonniers contemporains comme Bob Dylan, Leonard Cohen, Pomme, Indila, Stromae, Grand Corps Malade, Renaud, Paolo Conte, Renato Zero, Angelo Branduardi, qui chacun à leur manière s'expriment de façon poétique.
On pourrait dire finalement que le poème et la chanson se rejoignent lorsqu’ils cherchent à toucher la sensibilité, mais qu’ils n’empruntent pas toujours le même chemin. Le poème s’adresse d’abord à la lecture intérieure, à l’imaginaire et au silence.
La chanson, elle, passe par la voix, le rythme, la mélodie et la mémoire auditive. C’est ce qui les rend proches, mais aussi profondément différents.

Paroles de certaines de mes chansons
Je décapsule les mots
[Intro]
Introspection…
C’est la nuit qui s’invite sur mon divan intérieur,
et je fais les poches de mes propres silences.
[Couplet 1]
J’me roule une pensée, style Winston filet bleu,
la braise éclaire un miroir où mes fantômes défilent.
Sous le néon du doute, j’entends battre mon ego,
comme un vieux juke-box qui grésille.
Mes regrets font la java, claquent des doigts sur le comptoir,
tandis qu’un futur embrumé sirote un verre d’avance.
Je drague mes cicatrices, elles boudent, elles se font rares…
Faut dire qu’le cœur, parfois, préfère l’indécence.
[Refrain]
Introspection, peau contre peau,
je décapsule mes mots, je bois mes idéaux.
Introspection, slow de l’âme en solo,
je tourne, je tourne, sur un sillon rétro.
[Couplet 2]
Le temps joue les pickpockets, me subtilise mes heures,
pendant qu’un désir rouillé cherche encore la grande évasion.
Je grafitte sur mes veines un “je t’aime” en filigrane,
comme un parfum ambré, suave et subversion.
Les remords fument leur dernière, la cendre tombe en cadence,
paf ! sur le comptoir luisant de mes songes imbibés.
J’épingle une étincelle au revers de ma décadence :
“Quand la nuit s’effondre, faut bien savoir briller.”
[Pont]
— Chut… écoute-toi respirer.
— C’est le beat de tes rêves qui refuse de crever.
— Chut… laisse-toi chavirer.
— Ton ombre sait danser.
[Refrain]
Introspection, peau contre peau,
je décapsule mes mots, je bois mes idéaux.
Introspection, slow de l’âme en solo,
je tourne, je tourne, sur un sillon rétro.
[Outro]
Alors je tire sur ma clope, l’aube s’accroche au plafond.
Une dernière volute s’étire comme un point d’interrogation.
Introspection… rideau :
la lumière se rallume, mais le film continue, plus bas, dans le cœur.
Ma meuf à moi
[Intro]
Allélouia...
Allé... Allé... louia...
[Couplet 1]
Ma meuf à moi,
Elle a l’regard qui pleut la nuit
Même quand il fait beau dans mon lit.
Elle me sort des romans d'papier
Où j’suis l’mauvais, l’paumé,
Alors j’me tais, trop fatigué.
[Refrain – electric guitar blues]
Ma meuf à moi, elle sait mentir,
Comme on jure l’amour pour rire.
Elle m’fait ses yeux de velours,
Et moi j’retombe dedans, toujours.
Oh le con, oui... hein ?
Mais c’est ma meuf à moi.
[Choeur]
Allélouia...
Allélouia...
Allélouia…
Allélouia...
[Couplet 2]
Elle joue la star devant sa glace,
Moi, j’suis le public — sans place.
Elle rit...
Avec ses airs de tragédie,
Et quand elle dort… c’est l’embellie.
J’la regarde, j’me dis : « c’est elle… c’est l’infini. »
[Refrain]
Ma meuf à moi, elle sait mentir,
Comme on jure l’amour pour rire.
Elle me glisse : « viens, fais-moi l’amour »
Et moi j’lui dis : « vas-y, fais le tour. »
J’suis maboul, ouais…
Mais c’est ma meuf à moi.
[Choeur]
Allélouia...
Allélouia...
Allélouia…
Allélouia...
[Pont]
Et puis des fois, elle me châtie
Elle m’lance : « t’as rien compris,
Moi j’t’aime que quand tu t’enfuis. »
Mais moi... j’reviens.
Toujours.
[Outro]
Ma meuf à moi, c’est l’carnet d’mes naufrages,
Je l’ouvre, je pleure… je tourne la page.
Mais j’l’aime, comme un môme
Accro même à son fantôme.
Ma meuf à moi...
[Finale]
Allélouia...
Allélouia...
Allélouia…
Allélouia...
[Fondu en sortie]
Ma meuf à moi,
C’est ma vie…
C’est elle.
Mon île à moi
[Couplet I]
Il est une île en moi,
Que nul regard retient.
Un jardin sous la peau,
Où le vent enveloppe sans bruit
les fleurs fermées en espérance.
[Couplet II]
J’y reviens certains soirs.
Sans repères, sans témoin,
Je chemine sans hâte
Au-delà des sentiers tièdes
Que seule ma mémoire connaît.
[Refrain]
Mon île a ce quelque chose
Qui envoûte l’esprit.
Parfois ce désir inassouvi
A la recherche d’un souffle
En perdition.
[Couplet III]
Ma respiration s’emballe
Une sensation éthérée
Comme une caresse
Comme un signal
Lumineux comme le fanal
Lorsque j’atteins le chenal.
[Couplet IV]
Intrépide je l’explore
Ses secrets je mémorise.
A la recherche du Gral
Ou plutôt d’un trésor.
Je découvre alors
Ce que je ne connais pas encore.
[Refrain]
Mon île a ce quelque chose
Qui envoûte l’esprit.
Parfois ce désir inassouvi
A la recherche d’un souffle
En perdition.
[Couplet V]
Il y a cette fleur
Humide et merveilleuse
Chaude et mystérieuse
Comme les profondeurs d’un atoll.
De son calice
Un spleen alizé
M’invite à l’extase.
[CoupletVI]
Mon corps s‘offre en otage
Juste avant l’orage.
J’essaye de rester courtoise
Sous cette pluie de mots
S’échappant en trémolo
Que je retiens, que j’apprivoise.
[Pont]
Là, quelque chose m’appelle,
Ni voix, ni visage,
A peine une présence.
Allez savoir
Qui pousse la porte basse
Et fait trembler les feuilles ?
[Refrain]
Mon île a ce quelque chose
Qui envoûte l’esprit.
Parfois ce désir inassouvi
A la recherche d’un souffle
En perdition.
Suis-je suffisamment perspicace ?
[Couplet VII]
Mon île a des matins
Qui montent comme une vague,
Des midis chauds emplis de clarté,
Des nuits où le jardin respire
Plus fort que mon silence
Où l'apesanteur se nomme plaisir.
Cet état d’âme qui fait du bien
Là où d’un coup tout s’arrête.
[Pont 2]
Et petit à petit, délicatement,
Les choses se remettent à leur place
La brume s’efface.
Tout est redevenu sage.
[Outro]
Je recouvre alors mon île,
Ou presque,
Après une idylle
Embellie de nouveaux paysages.
Quelques-un de mes poèmes dont certains écrits il ya plus de 30 ans
Le temps
Il fut le temps
Où tout m'était indifférent
Le temps m'emportait au-devant
Une vie durant
Il est le temps
Qui s'arrête pour un instant
Avec moi maintenant
Au milieu du temps
Du temps latent
Il sera le temps
De tous les tourments
Du vide intemporel persistant
Le temps oubliant
L'esprit vivant
Car toujours absent
Il fut le temps
Qui s'échappait constant
A sa poursuite patiemment
Je courus longtemps
Pour le retenir vainement
Ne fusse qu'un moment
Le temps des souvenirs filants
Le temps ne t'attend
Il file au-devant
Il est comme le vent
Effronté indolent
Ce n'est ni moi ni toi évidemment
Qui le rattraperont un seul instant
C'est lui qui le fera insidieusement
Et définitivement
Les bons moments
Si vous deviez rencontrer le bonheur
Dites-vous que c'est la bonne heure
Car trop rares sont les bons moments
Dans une vie abreuvée de tourments
Dites-vous qu'en regardant le firmament
Qu'il n'y a pas meilleur moment
Que le soir d'une belle lune pleine
Dans cet infini elle vous sourit amène
Dites-vous qu'en vous donnant la peine
Les bons moments sont étrennes
Qu'ils calment nos âmes en folie
Et les angoisses transforment en oubli
Ne laissez esprit sombrer dans la mélancolie
Profitez des bons moments sans parcimonie
Car si vous deviez rencontrer le bonheur
Faites que ce ne soit à la dernière heure
A ma mère
Lorsque tu liras ce poème
Assise dans ton fauteuil
Mon âme bohême
Légère comme un écureuil
S’en sera aller au loin
Pour un mois pour un an
Je t’appellerai demain
Essuie donc cette larme
Souviens-t’en
Et reste sous le charme
De ces jours heureux
Où moi petit garçon
De toi étais amoureux
Fier comme un pinson
Rappelle-toi lorsque cloué
Par une fièvre dans mon lit
Tu m’apportais dévouée
Un bol de décoction au candi
Me consolais par un sourire
Dans l’attente d’un léger mieux
Car je ne voulais mourir
Du moins pas ce jour-là
Le regard doux de tes yeux
Comme ceux de Saint Nicolas
Docilement m’apaisait
De l’édredon confortable
Tu me couvrais puis j’oubliais
Maux devenus agréables
Ton optimisme ton courage
Transcendaient sur le malheur
Tu avais toujours le même âge
Ta présence était mon bonheur
Tu allégeais les déceptions
De mes premières amours
Devenais pour mes tribulations
Cette confidente privilégiée
Parfois sévère sans détour
Parfois complaisante résignée
Tu acceptais ou me sermonnais
Malgré tout meilleure alliée
De loin tu demeurais et l’est
Je ne saurais l’oublier
Aujourd’hui ton visage raviné
Exprime le temps qui passe
Tantôt tristesse laisse deviner
Esprit pourtant toujours vivace
Tu me vois en culottes courtes
Oublies que comme toi j’ai vieilli
Que chaque jour la vie s’écourte
Je suis ton fils en qui tes espoirs
Ce sont placés je suis ton appui
La prorogation de ta mémoire
L’arbre issu de ton fruit
Qui lorsque tu désireras partir
T’honorera pour que l’on ne t’oublie
Grand amour ne laissera dépérir
Laisse-moi te faire du bien
Laisse-moi te faire du bien,
Poser sur ton cœur un refrain,
Effacer les ombres et la pluie,
Et rallumer ce qui en nous, nous unit
Laisse-moi t'offrir le silence,
Loin du monde et de ses urgences,
Un instant de douceur infinie,
Où le temps ralentit et oublie.
Laisse-moi caresser ton esprit,
De mots légers et de jolis cris,
Pour que ton âme enfin se détende,
Et que la paix vienne en offrande.
Laisse-moi simplement être là,
Un havre de paix, pas après pas,
Pour te faire du bien, tout doucement,
Simplement, tendrement, tendrement.
Nous sommes là côte à côte étendus
Pour cet instant tant attendu
Où pour la première fois,
Nos corps dévoilés sans effroi
Sont là pour cet instant d’éternité
Où le temps ne compte plus
Où le monde c’est définitivement tu.
Laisse-moi caresser ton corps
De touchers légers, d’instants forts
Pour que tout en toi se détende
Pour que mon désir soit une offrande.
Laisse-moi simplement être là,
Laisse-moi te cajoler de-ci de-là
Pour te faire du bien, tout doucement,
Simplement, tendrement, tendrement.
Laisse-moi embraser cette fleur
Qui sous nos désirs s’épanouie
Et de bonheur me sourit.
Rien ne sert de se défendre
Laisse-toi emporter par la vague
Et ses méandres.
Avec toi je divague.
Dans la fièvre de cette nuit d’été
Tes gazouillis oh combien sensuels
Tes paroles doucement minaudées,
Éveillent en moi les premiers délices
D’une explosion de feux d’artifice
D’un spleen qui n’a rien de virtuel.
En cette nuit encore longue et féconde
Fasse qu’en cette moiteur je sonde
Ce petit bout qui te conduit au paradis
Qui à la moindre attention frémit.
Pareil a un bouton de rose
Il me supplie « vas-y, ose ».
Et maintenant après tant de frissons
Alors qu’il aspire à un court répit
Je te dis tendre être chéri
Laisse-moi encore simplement être là,
Pour te faire du bien, tout doucement,
Simplement, tendrement, tendrement.
C’est l’enfer
Le soleil tape comme un marteau
Sur les murs, sur les carreaux
Même l’ombre a quitté la terre
Elle aussi est devenue réfractaire.
Les stores bâillent de fatigue
Les rues inertes se confondent dans l’intrigue
Le chien dort sous un banc désert
La ville mijote à feu ouvert
C’est l’enfer
J’ai parlé à Lucifer
Il m’a dit : “Même chez moi, mon frère,
On respire mieux qu’ici sur terre”
Je regrette il n’y a rien à faire
Aucune brise s’est mise à fredonner
Même ce léger souffle nous a abandonné
Les fontaines rêvent d’océan
Les passants sont inexistants
Si la pluie devait frapper à ma fenêtre
Je lui promets d’être honnête
Je ne dirai plus jamais “mauvais temps”
Je lui dirai « Vas-y » ne fais pas semblant.
C’est l’enfer
Enfin il est minuit, enfin un peu d’air
Je suis né en ville
Je suis né en ville, dans la rumeur du béton,
Là où les rêves brillent comme des photons.
On m’a dit : cours, avance, ne regarde pas derrière,
Dans cette jungle électrique, il faut mordre la lumière.
Tout est cool, tout est high-tech, tout scintille et tout presse,
Mais sous l’or des vitrines, il reste cette sourde détresse.
Je les regarde courir, je les regarde lutter,
Et dans le fond de mon silence, j’apprends à m’échapper.
Un pas après l’autre, loin du bruit, loin des chaînes,
Loin de la ville immense et de ses joies incertaines.
Loin de ce zoo de fous où l’amour n’est qu’un son,
Un mot qu’on laisse tomber dans le vide des maisons.
On m’a fait croire encore que j’étais né pour vaincre,
Que le bonheur se gagne à force de se contraindre.
Mais si vivre, c’est partir pour enfin respirer,
Alors il vaut mieux prendre la route qu’on s’est tracée.
Je suis né en ville, et je cherche encore et toujours un rivage,
Un endroit où les âmes ne sont pas prises en otage.
Je suis né dans le bruit et garde en moi tous les secrets
D’un chant fragile et vivant d’un passé qui en moi ne sait se taire.
Et lorsque je m’enfuis dans les rumeurs de mon esprit
Je sais que je fais le bon choix laissant mon imagination en vie.
En ville et plus que jamais aujourd’hui on croit tout avoir
Alors que rien n’est gratuit, il demeure alors l’espoir
De pouvoir si nécessaire se réfugier au fond de sa mémoire.
Cette mémoire qui au fil du temps avec moi bourlingue
Plutôt que de courir après l’illusion d’une réussite de dingue.
Paroliers, chanteurs, chanteuses contemporains
Stromae
-
2013 : Racine carrée
-
2022 : Multitude
Grand Corps Malade
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2006: 6ème sens
-
2008: Les voyages en train
-
2009: Enfant de la ville
-
2020: Derrière le brouillard
Alain Souchon
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1974: J'ai dix ans
-
1976: Bidon
-
1977: Jamais content
-
1978: Toto 30 ans, rien que du malheur...
-
2008: Écoutez d'où ma peine vient
Pomme
-
2017: À peu près
-
2019: Les Failles
-
2022: Consolation
-
2024: Saisons
Orelsan
-
Perdu d'avance
-
Civilisation
Poètes et poétesses contemporains
Ariane Dreyfus
-
L’Inhabitable, dessin de Valérie Linder, Flammarion, coll. « Poésie/Flammarion », 2006
-
Iris, c’est votre bleu, dessin de Valérie Linder, Le Castor Astral, 2008
Kae Tempest
Everything Speaks in its Own Way, Zingaro Books
Christian Prigent
-
Presque tout, Éditions P.O.L, 2002
-
L’âme , poésie, Éditions P.O.L, 2000
Valérie Rouzeau
-
Patiences, Albatroz et Le Manège du Cochon, 1994 S
-
Ce n'est pas le printemps, Traumfabrik, coll. « De bouche à oreille », 1995
-
Pas revoir, Le Dé bleu , 1999
-
Neige rien, Unes, Nice, 2000
Thomas Vineau
-
C'est un beau jour pour ne pas mourir, Le Castor Astral, 2019